parfois s’ouvre la porte d’Avallon …

Avallon, L’île aux Pommes ouvre parfois ses portes au détour d’une vague. Hier, alors que je batifolais dans le clapot au large de l’archipel, quelques signes subtils retinrent mon attention. La mer était belle, le ciel parfaitement dégagé, un petit vent du nord-est frisait à peine la surface. Je vis un seul d’abord, puis trois fous de Bassan voler au ras de l’eau. Ils attirèrent mon regard vers un groupe de rochers roses. Tout un ensemble d’oiseaux inconnus se trouvait là, perchés à distance régulière les uns des autres, comme disposés en ligne sur la crète des roches. Je décidais d’aller voir de plus près et commençais à contourner le banc de pierres. Ils me paraissaient de couleur grise, de la taille d’un goéland brun et ils semblaient posséder un long bec fin de limicole. Ce n’étaient pas des courlis, leur bec paraissait bien droit et non courbé. Evidemment, ils s’envolèrent tous en même temps dès que j’approchai à la distance même qui m’aurait permis de les identifier. Je remarquai cependant les plumes blanches de leur queue …

C’est alors, qu’ayant contourné ce banc de rochers au plus près, j’aperçus une crique au nord de l’île du nord de l’archipel. Je croyais les avoir toutes visitées, mais celle-là me parut étrangère.

Le sable était rose alors que celui les autres criques des îles de l’archipel ont toutes un sable blanc très fin qui brille au soleil. J’abordai l’île sur cette crique perdue dans le temps.

Le sable rose à gros grains était parsemé de choux marins bleu-vert et de gros rochers gris aux courbes douces, qui reposaient là comme des bêtes assoupies.

Je les saluai discrètement d’un signe de tête en espérant ne pas les éveiller. Certaines ont des grondements terribles qui créent les tempêtes du nord de la Bretagne quand elles sont en colère.

Plus haut, des prairies et des marécages s’étalaient à perte de vue. Peu habituées à voir quiconque aborder le rivage, des chèvres sauvages s’enfuirent à mon approche.

Si vous avez de bons yeux et l’imagination fertile, peut-être les distinguez-vous courir sur les galets, puis se cacher dans l’herbe des marais ?

Aucun bruit d’activité humaine, aucune voile à l’horizon d’Avallon, rien que le regard éberlué des cormorans, là-haut, sur la carapace d’un rocher.

Je discutai alors avec les galets. Nul ne sait comme eux écouter la nostalgie des âmes et je sais parfois lire aussi dans le coeur des pierres, il faut juste voir les signes qu’ils nous montrent.

Le temps, c’est bien connu, passe plus vite qu’ailleurs sur Avallon. Nous croyons passer quelques heures et lorqu’on revient dans le monde humain, des années se sont écoulées. Bah, qu’importe  quand l’île est si belle sous le soleil d’été !

 

 

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