quelques jours hors du temps


[édité le 27/08/08 : mise en page et liens]

Ou récit notes de vacances d’une
blogueuse-esselienne fatiguée qui se retire quelques semaines
dans un endroit caché au reste du monde dont les portes ne
s’ouvrent qu’aux rêveurs, aux poètes et aux aventuriers.
Endroit surtout totalement déconnecté d’internet* !

*excepté la présence d’un cyber-café

   

Lectures motivantes

Ces quelques jours sont accompagnés par la lecture de livres plutôt motivants

Choses vues de Victor Hugo

genre de blog du XIXème siècle par un monstre de la littérature et de la pensée française, encore en cours de lecture. C’est long et riche ! Il commence en 1830 et finit en 1885. Je suis arrivée en 1847. Je pense que nous resterons de longs mois ensemble.

Utopies réalisables de Yona Friedman

Définition méthodique et mathématique mais également mode d’emploi des utopies réalisables. Un regard d’extra-terrestre sur le monde de Shadocks que sont les humains. Terriblement intéressant. A conserver en bibliothèque pour relectures.

Recherche volontaires pour changer le monde de Laurent de Cherisey

auteur de Passeurs d’espoir. Sous-titre : Les clés du succès de ceux qui l’ont fait

Exemple d’utopies réalisées. Ce bouquin complète par des exemples nombreux et concrets le livre précédent. Un paquet de bonnes adresses en annexe. A transmettre …

Les contrebandiers de Plougrescant par Charles Boursenaud

Rien à voir avec les lectures précédentes. Quoique ? Livre découvert à Tréguier, auteur rencontré à Plougrescant, lire plus bas. Ne parle pas de la Baie de l’Enfer, normal, elle n’existe pas dans les archives. Je le sais déjà.

Rencontres, retrouvailles, musiques et découvertes

Morley et Sweet Society au festival « autour du blues » de Binic

Début des vacances, retour à l’ouest avec le festival « autour du blues » de Binic. La tête d’affiche de la soirée, dont je tais le nom, nous déçoit un peu. Parfait techniquement, mais ennuyeux à mourir. Par contre nous découvrons un petit groupe, Sweet Society, qui nous fait patienter et beaucoup sourire sur les quais de Binic avant l’ouverture de la scène principale. A la fois Blues Brothers et Aristocats, nous les retrouvons avec plaisir en fin de soirée.

Mon coup de coeur va à Morley qui se présente en montant sur scène : « I’m Morley, I’m from New York city … Obamaaa ! » crie-t-elle en levant les bras. Malgré un son plutôt mal réglé avec les basses trop fortes, une voix qui met un certain temps avant d’être bien chauffée, la pauvre a dû souffir de l’humidité bretonne, Morley m’a séduite. Belle, des yeux terriblement clairs, un blues avec une voix aux accents irlandais, mélange de thèmes africains ou amérindiens, paroles engagées. La chanson préférée sera « women of hope », qu’elle dédie ce soir-là à Aung San Suu Kyi et sur la pochette de son disque « days like these »  à Shirin Ebadi, Baba Sonam, Wangari Maathai, Rigoberta Menchù Tum et to you, the future you will come to be … !

La maison dans le petit bois sur la côte

Visite de Claude ( http://electromagnetique.com ) et de Naturel ( http://fredaunaturel.hautetfort.com/ )

À l’arrivée d’une belle promenade en kayak de mer, nous avons la joie de voir arriver à l’improviste notre ami Claude qui installe sa tente avant d’aller faire un footing sur le sentier des douaniers pendant que je chasse les bigorneaux. Son arrivée est suivie quelques heures après par celle de Frédéric, alias Naturel qui fuit la canicule du sud de la France. Pas de problème, il sera gâté par le temps breton.

      

   
   

Les mercredis en fête de Tréguier

mercredis en fête de Tréguier, fest-noz, Jean-Marc Veillon et Gilles le Bigot, Carré Manchot, bagad de Perros Guirec

Le soir même, aux « mercredis en fête » de Tréguier, Frédéric trouvera la raison du crachin. Il pense que les Bretons l’ont inventé pour se rafraîchir quand ils dansent au fest-noz ! Il faut avouer que lorsque la foule se met toute ensemble en mouvement, se prend le bras (ou le petit doigt selon la danse) pour former un long serpent qui s’enroule et se déroule en cadence, il est difficile d’échapper à la transe générale.

Les Sonerien Bro Dreger qui viennent de gagner le concours de la deuxième catégorie au festival interceltique de Lorient et donc le droit de concourir en première catégorie l’an prochain, arrivent entre le duo Jean-Marc Veillon et Gilles le Bigot et le groupe Carré Manchot, défilent drapeau en tête, puis encerclent les spectateurs.

Voir les videos de Naturel :

http://www.dailymotion.com/fredaunaturel/video/x6eli2_bagad-de-perros-guirec_music

http://www.dailymotion.com/fredaunaturel/video/x6elg8_festnoz_music

http://www.dailymotion.com/fredaunaturel/video/x6elcf_festnoz2_music


kayak et dériveur

Le méchant vent du sud qui nous embête régulièrement au mois d’aout ne nous empêche pas de proposer une initiation au dériveur et au kayak de mer à tous les volontaires. Nous n’irons pas jusqu’aux îles voir les oiseaux, mais le kayak est un des meilleurs moyens pour découvrir la formidable diversité des oiseaux qui nichent l’été sur cette côte. Cette année j’ai repéré deux espèces que je n’avais pas encore vu par ici, des bécasseaux et une sorte d’oies ou de canards migrateurs pas encore identifiée. L’hiver nous voyons des oies bernaches et toute l’année des tadornes. Des mouettes rieuses et tridactyles, des goélands bruns et des goélands marins, des fous de bassan, deux ou trois sortes de sternes, des grands cormorans et des cormorans huppés, ainsi que de nombreux limicoles, huîtriers pies, courlis, barges rousses, gravelots, tournepierres, chevaliers gambettes …

   

Sillon de Talbert, une chaussée de galets qui s’enfonce dans la mer

Il paraît que c’est la fée Morgane qui a jeté là tous ces cailloux pour rendre visite à son frère, le Roi Arthur qui se trouvait sur l’îlot à trois kilomètres du rivage. D’autres disent que ce sont les courants des rivières Trieux et Jaudy qui ont regroupé les galets fabriqués par des glaciers il y a bien longtemps. Je crois pour ma part, que les marrimorganed, les korrigans des mers qu’on appelle par ici, Tud Vor et parfois aussi « Courants »ont donné un coup de main à Morgane.

   

le bout du Sillon de Talbert, la rencontre des courants

Au début du Sillon, le passage piéton est marqué
par des copeaux de bois étalés sur le sable et bordé
de piquets bas dépassant à peine de 30 cm des galets.
Depuis que les visiteurs sont invités à marcher sur la
grève le long du Sillon, la population d’oiseaux qui niche
dans les galets a triplé en trois années et les choux
marins repoussent.

Après une marche de trois kilomètres dans les galets
roulants de la grève, Naturel pousse le courage jusqu’à
se baigner les orteils au bout du Sillon !

 

Jazz au Toucouleur de Trégastel

parler à table dérange nos voisins de table, parait-il, alors nous préférons partir pour discuter ailleurs …

 

Les Bonobos Circus, tombés de la branche à la Capsule

La Capsule est le cyber-café-concert-épicerie de Kerbors. Ouvert de 8h00 le matin pour l’épicerie et le pain jusqu’à minuit ou une heure du mat pour la musique, le bar et le cyber, il est tenu par deux passionés de musique qui proposent des concerts tous les vendredis en été et au moins deux fois par mois l’hiver. On peut jouer aux fléchettes, au baby-foot et aux cartes même pendant les concerts et si on veut parler tranquillement, rien de mieux que la terrasse où la musique nous parvient sans étouffer le son de nos voix. Et si vous avez oublié le sel ou les allumettes pour le camping, l’épicerie vous sera ouverte tant que le bar n’aura pas fermé ses portes. Un grand merci à Eric et Nicolas pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité. !

Quant aux Bonobos, ces singes-là se font une si belle description sur la pochette de leur premier disque de 7 titres « Tombés de la branche », que je vous la livre en l’état :

« La tribu des Bonobos est apparue il y a 4 ans dans la jungle de Rennes, en Ille et Vilaine, au beau milieu de la brousse. Se sont retrouvés 4 primates à l’allure intrigante et à la verve si dévergondée. Au départ le projet était avant tou festif et ludique. Les répètes bières-saucisson-pouèt-pouèt-pin-pon. Et les concerts estivaux.

Bonobo Circus est un patchwork de musiques et de styles tout aussi festifs que remuants. C’est un reggae chaloupé et frémissant. Du ska bien cuivré et excitant. Une bonne dose de funk puissant et de la chanson festive entraînante. Ces 8 primates vous embarqueront. Sans Détours. Dans un voyage au milieu de la cambrousse du Circus Bonobo. »

http://www.myspace.com/bonobocircus

Marchent-ils sur le chemin tracé par le célèbre Tryo ? Leurs textes bien trempés d’une encre corrosive le laisserait penser. Et leur musique est même presque plus sympathique. Je leur souhaite un bel avenir.

 

Lou, ma libraire préférée, de retour d’une courte mission de solidarité au Pérou.

Exposé soutenu par quelques 300 photos sur les poêles à bois économiques, les toupies et Macchu Pichu. Voir un apperçu sur le blog http://compagnonsperou.canalblog.com.

Lou

Notre-Dame-des-Neiges

La Bretagne c’est bien aussi. Visite improvisée à l’église Notre-Dame-des-Neiges de Kerbors. Elle porte ce nom en souvenir d’un orage de grêle et de neige qui saccagea les récoltes en août 1863. Pour que la catastrophe ne se reproduise pas, les Kerborziens placent leur église sous la protection de la Vierge, nommée pour l’occasion Notre-Dame-des-Neiges. Bon, ce n’est pas parce qu’il y a eu un orage extravagant au XIXème siècle qu’il ne faut pas se soucier du bouleversement climatiques d’aujourd’hui ! Autre particularité, cette église possède une statue de saint Isidore, protecteur des laboureurs, en costume paysan traditionnel du Trégor, bragou braz, chapeau rond, etc.

Déchiffrage par les deux princesses korriganes des inscriptions latines sur les médaillons porte-reliques d’un reliquaire en bois doré. J’apprends aussi que ce que je croyais un fémur exposé dans le reliquaire est en réalité un cubitus.

Carlos Nunez au festival des Hortensias à Perros-Guirec

Le légendaire barde gallicien, chantre de toute la Celtie contemporaine est beau, talentueux, chaleureux et généreux. Pendant son concert, il présente Liv (je n’ai pas bien compris son nom), jeune irlandaise violoniste, sacrée meilleure musicienne de l’année en Irlande et le bagad local, les très populaires Sonerien Bro Dreger, entendus à Tréguier quelques jours avant qui jouent avec lui quelques morceaux de son répertoire.

Là aussi, malgré la pluie, les deux korriganes de la Lande qui nous accompagnent amusent, entraînent et réchauffent le public autour de nous par leur joie de vivre et leurs danses déchaînées.

   
Librairie salon de thé « Le bel aujourd’hui »

Lou nous fait découvrir la librairie salon de thé « Le bel aujourd’hui » au 19 rue Ernest Renan à Tréguier.

J’y trouve « Utopies réalisables » et « The celtic design book ». Le salon de thé propose thé, boissons, petits gateaux et confitures de l’agriculture biologique et du commerce équitable. La confiture d’oranges est cuite en février dans la librairie, ça doit sentir bien bon !

Visite de la chapelle Notre-Dame de Clérin

Entre deux allers-retours à la gare de Guingamp, découverte de la chapelle Notre-Dame de Clérin de Saint-Clet avec ses cinq fontaines du VIIème siècle (au moins !) et sa quantité d’ex-votos. Visiblement un endroit sacré depuis la nuit des temps. Nous avons la chance de trouver la chapelle ouverte malgré l’heure tardive et sa situation géographique, en plein champ à plusieurs kilomètres du bourg.

   
Arrivée des avatars de Second Life

C’est toujours émouvant de voir un regard venir appuyer une phrase attendue, un sourire éclairer les expressions ou les blagues habituelles. Amusant de constater une fois de plus qu’on reconnait ceux qu’on n’a jamais vus.

Peu se sont déplacés pour cette fête annulée au dernier moment, mais remplacée par quelques heures d’échange et de rencontre dans un lieu hors du temps. Le prix du pétrole, sans doute, aura rebuté beaucoup. Enfin, c’est ce que je préfère croire. Ceux qui viennent sont Bretons et … Ch’timis ! Gad et West Oyen, Doleragon Merryman, Dahud Benelli et ses trois enfants puis Aymeric Yalin avec toute sa famille. Il y avait peut-être aussi la présence d’un Normand, mais très acclimaté à la Bretagne, à part son refus de danser le plinn au fest noz de la Roche Jaune.

Installation des tentes sur la lande. Kayak et baignade, pour les courageux, escalade de rochers et pêche à la crevette pour les enfants.

Nous serons quatorze à dîner sur une
vieille table de ping pong sous les pins au bord de l’eau.

à moins qu’ils ne le désirent, les esseliens restent cachés par la brume au commun des mortels

il parait que certains ont même vu la vouivre se baigner …


 

Fest-Noz à la Roche Jaune.

Un grand bravo aux gens du Nord qui ont trouvé les pose-balls ! Dahud est assurément la plus habile, elle connait toutes les danses et instruit qui veut la suivre. Une korrigane ne se fatigue jamais à danser, c’est bien connu. Evitez donc de la prendre par la main pour entrer dans la ronde, elle vous entrainerait jusqu’au bout de la nuit.

   
Visite d’un dolmen à la lueur de la pleine lune et des bougies

Sur l’isme de l’Île Grande, face à l’île d’Avalon, le tombeau légendaire du Roi Arthur, à la lumière rasante des chandelles, on recherche des signes gravés il y a trois mille ans sur les pierres de l’allée couverte. Ils sont surtout présents dans la chambre secrète où on se glisse à quatre pattes. Gad manque brûler son imposante chevelure à la flamme des bougies !

 

Ratatouille et panorama de la colline aux Moutons

Nous allons au marché de Pleubian faire provision de légumes et de pain bio, de fromage de chèvre, de bars et de dorades.

Le site de l’ancien sémaphore de Crec’h Maout à L’Armor Pleubian offre un superbe panorama sur l’embouchure des rivières du Trieux et du Jaudy, le Sillon de Talbert, l’archipel de Bréhat et ce jour-là jusqu’aux Sept Îles de la côte de Granit Rose. Je fais remarquer l’Île Rouzic où nichent les Fous de Bassan et les macareux. C’est la première réserve natuelle créée en France.

Je raconte une interprétation toute personnelle de la toponymie locale, Port Béni, Port-la-Chaine et nous allons dire bonjour au plus ancien de mes amis, le rocher jaune aux yeux roses qui surveille l’entrée de ma rivière et l’archipel des îles étranges.

Déjeuner de crevettes et de salicornes ramassées sur la grève puis ratatouille géante et poissons grillés pêchés au marché.

 

la grève aux salicornes

Visite rapide de Tréguier

La place du Martray avec la statue d’Ernest Renan, la cathédrale,
les maisons à colombages.

Etonnement devant le crâne et quelques os de saint Yves exposé
dans un reliquaire. Je raconte que les os sont promenés
au-devant de la procession qui a lieu chaque année le 19 mai,
jour de la fête du saint patron de la Bretagne, des avocats et
des juges. « C’est gore ! »  dira Gad.

;o)

Retour au Bel Aujourd’hui avec les avatars de Second Life pour
dévaliser les rayons de livres et partager un goûter sur
la terrasse. Découverte du Tro Breizh des cafés
librairies : la Fédération des cafés librairies
de Bretagne.

Je tombe sur un livre tout récemment édité, Les contrebandiers de Plougrescant par Charles Boursenaud. Odile, qui s’occupe de la partie salon de thé du Bel Aujourd’hui m’annonce que l’auteur fait ce soir-même une conférence sur son livre à Plougrescant. Un récit, plus exactement, nous y allons.

   

Les contrebandiers de Plougrescant par Charles Boursenaud

Suite au récit, nous passons auprès du Gouffre qui refuse de nous livrer la vue de ses monstres ce soir. La nuit est calme, la marée descendante et la lune se cache derrière les nuages.

Pourtant les jours de tempête, « l’endroit est redoutable, parsemé de rochers, d’îlots, de récifs sournois, embusqués à fleur d’eau. Les Grandes Juments, la Grande Pierre, Graou Ouelen, la Cheminée, Roc’h Poull Jouan, Pen Valé sont autant de pièges bouillonants d’écume où la moindre erreur de navigation est fatale. Ici affleure soudain le dos d’un animal de granit qui semble monter un instant à la surface pour prendre sa respiration avant de replonger sous la mer ; là des courants vous poussent vers la gueule noire d’un monstre qui attend de vous broyer dans ses machoires écumantes de bave blanche. » (Charles Boursenaud, Les contrebandiers de Plougrescant).

Les rochers
attendront deux jours plus tard, lorsque tous seront repartis, pour
nous jouer un spectacle terrible et dramatique sous la houle de vives
eaux.


 

Nuit d’eutopie avec Doleragon, Gad et West

La nuit est trop courte pour nous raconter tout ce qu’on ne se dit pas en IM ou en Chat, ce qu’on ne twitte pas et qu’on ne laisse pas sur facebook.

Un projet nait dans cette nuit froide, nous nous quittons au matin, réchauffés par cette nouvelle idée à construire. @ suivre sur le ning eutopie …

Merci d’être venus !

Soirée au bord de l’eau ( http://dahud.canalblog.com/ ) avec Dahud, princesse de la ville d’Ys

Autour d’un feu allumé par les enfants, pommes de terre cuites sous les braises et salades de tomates aux salicornes. Je regrette seulement d’avoir oublié de faire un feu sur la grève la nuit précédente !

   

Instants

La mer plus claire que le ciel appelle la tempête.

Le grand pin siffle craque et grince dans le vent. Le geai lui répond
sur tous les tons.

Un feu luit sur la grève et la discussion s’attarde dans la
nuit.

       

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